
Tel Hai, Israel – February 12, 2019: View of the Roaring Lion Memorial in Tel Hai, Northern Israel
« Ne vous définissez jamais comme une victime. Vous ne pouvez pas changer votre passé, mais vous pouvez changer votre avenir. Il y a toujours un choix, et en exerçant la force de choisir, nous pouvons nous élever au-dessus du destin ». (Rabbi Lord Jonathan Sacks, On Not Being a Victim, 5778)
Après les massacres du 7 octobre 2023 et le traumatisme qui s’ensuivit, Israël aurait pu conserver l’image de la victime. Or, la nouvelle Opération militaire d’envergure « Sha’agat ha-Ari » (« Le rugissement du Lion »), menée conjointement avec les forces américaines, révèle tout le contraire. Israël se tient debout, toujours prêt à répondre par la force à l’ennemi – en l’occurrence la République islamique d’Iran, qui aspire depuis son avènement, en 1979, à détruire totalement l’État d’Israël.
D’où Israël tire-t-il sa force ?
Il nous faut revenir à l’histoire héroïque de l’un des plus grands héros israéliens des temps modernes : Joseph Trumpeldor. Joseph Trumpeldor tombe le 11 adar 5680 (1er mars 1920) lors du combat de Tel ‘Haï, en Haute Galilée, avec sept de ses compagnons. La bataille est devenue un symbole de la défense pionnière de l’implantation juive de la Galilée, et la mort de Joseph Trumpeldor est perçue dans la conscience collective israélienne comme une sorte de sacrifice fondateur du Yichouv, embryon naissant du futur Etat d’Israël.
Le « Lion rugissant » est une statue de pierre représentant un lion, œuvre du sculpteur Abraham Melnikov, érigée en 1934 dans le cimetière de Kfar Gil’adi–Tel ‘Haï comme tombe et monument aux huit morts de Tel ‘Haï. Au sommet de la dalle de pierre, sous la statue, sont gravés les mots « Il est bon de mourir pour notre pays », puis les noms des huit victimes, parmi lesquelles Joseph Trumpeldor.
Le lion, sculpté dans un style influencé par les bas‑reliefs assyriens, fait face à l’est, la tête dressée dans un rugissement, symbolisant la force, la victoire et une bravoure tenace. Le lion renvoie à l’image du « lionceau de Juda » et représente la bravoure des défenseurs de Tel ‘Haï et leur esprit de sacrifice pour le peuple et la terre d’Israël. Le monument est devenu un lieu de pèlerinage dès les années 1920 et un centre des cérémonies du souvenir, notamment le 11 adar, ce qui a renforcé l’association entre Trumpeldor et l’Opération militaire « Le rugissement du Lion ».
Dans la conscience nationale israélienne, le « Lion rugissant » n’est pas seulement une statue, mais une image abstraite de la bravoure pionnière et de la disposition à « mourir pour notre pays », image qui a influencé l’éducation de générations de jeunes. La mort héroïque de Joseph Trumpeldor symbolise la résistance juive active, contrastant avec les pogroms passifs. L’on parle, alors, de mythe du pionnier prêt à se sacrifier corps et âme pour la patrie.
L’opération militaire menée par Tsahal et les forces américaines a été nommée « Le rugissement du lion » en rapport explicite à la fois à la date de la mort de Trumpeldor (le 11 adar) et à la statue du « Lion rugissant » de Tel ‘Haï.
Ainsi, l’image est passée du statut de monument local en Galilée à celui de symbole d’aspiration à la puissance et à la ténacité nationales, dont le « rugissement » est perçu comme se faisant entendre « dans le monde entier ».
Pour le peuple juif, construire le présent et le futur n’est rendu possible que par la connaissance de sa grande Histoire transmise de génération en génération ! Les ennemis d’Israël feraient bien de s’en souvenir !
אַרְיֵה שָׁאָג מִי לֹא יִירָא !
Le lion a rugi: qui n’aurait peur? (Amos 3 : 8)
Am Israël ‘Hay !
Haim Ouizemann




