
Un monde où chaque être vivant est considéré avec une égale bienveillance ressemble à une symphonie harmonieuse.
La Parashat Ki Tetsé[1] est l’une des péricopes qui se caractérisent par leur richesse en injonctions divines. L’on y dénombre, selon le Sefer Ha’Hinoukh, pas moins de 74 préceptes (27 positifs, “Tu feras” et 47 négatifs, “Tu ne feras point”). L’on y fait mention de la femme prisonnière en temps de guerre, des interdits d’hybridation entre espèces, de l’interdiction de mélanger le lin et la laine, de l’interdiction de renvoyer le serviteur qui se serait enfui de chez son maître et du devoir d’honorer toute parole prononcée sous forme de vœu.
La parashat Ki Tetsé a toutefois ceci de particulier qu’elle renferme à elle seule plusieurs préceptes (mitsvoth) majeurs de la Torah – au nombre de quatre – traitant directement et indirectement de la prévention de la souffrance animale (צַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים tsa’ar ba’alei ‘haïm) et du devoir de compassion envers eux
Le premier précepte concerne l’envoi de la mère hors du nid (Shilou’ah HaQenשִׁלוּחַ הַקֵּן ) :
| ו כִּי יִקָּרֵא קַן-צִפּוֹר לְפָנֶיךָ בַּדֶּרֶךְ בְּכָל-עֵץ אוֹ עַל-הָאָרֶץ אֶפְרֹחִים אוֹ בֵיצִים וְהָאֵם רֹבֶצֶת עַל-הָאֶפְרֹחִים אוֹ עַל-הַבֵּיצִים לֹא-תִקַּח הָאֵם עַל-הַבָּנִים. ז שַׁלֵּחַ תְּשַׁלַּח אֶת-הָאֵם וְאֶת-הַבָּנִים תִּקַּח-לָךְ לְמַעַן יִיטַב לָךְ וְהַאֲרַכְתָּ יָמִים. (דברים כב:ו-ז) | 6 Si tu rencontres en ton chemin un nid d’oiseaux sur quelque arbre ou à terre, de jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels soit posée la mère, tu ne prendras pas la mère avec sa couvée: 7 tu es tenu de renvoyer la mère, avant de t’emparer des petits; de la sorte, tu seras heureux et tu verras se prolonger tes jours. (Deutéronome 22:6-7) |
L’ordonnance positive du renvoi de la mère hors du nid (Shilou’ah HaQen שִׁלוּחַ הַקֵּן, parashat Ki Tetsé) peut être associée à l’ordonnance négative de l’interdiction de ‘lui-même et son petit’ (אֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ Oto Ve’et Beno, parashat Emor):
| כז שׁוֹר אוֹ-כֶשֶׂב אוֹ-עֵז כִּי יִוָּלֵד, וְהָיָה שִׁבְעַת יָמִים תַּחַת אִמּוֹ וּמִיּוֹם הַשְּׁמִינִי וָהָלְאָה יֵרָצֶה לְקָרְבַּן אִשֶּׁה לַיהוָה. כח וְשׁוֹר אוֹ-שֶׂה אֹתוֹ וְאֶת-בְּנוֹ לֹא תִשְׁחֲטוּ בְּיוֹם אֶחָד. (ויקרא כב:כז-כח) | 27 “Lorsqu’un veau, un agneau ou un chevreau vient de naître, il doit rester sept jours auprès de sa mère; à partir du huitième jour seulement, il sera propre à être offert en sacrifice à l’Éternel. 28 Bœuf ou agneau, vous n’égorgerez point l’animal avec son petit le même jour. (Lévitique 22:27-28) |
Ces deux préceptes, l’un positif, l’autre négatif, sont deux des mitsvoth qui, au cœur de la Torah, traitent du rapport que l’Homme entretient avec les animaux, du lien entre une mère et ses petits, et des limites de l’abattage pour la consommation. Les deux mitsvoth ont pour dénominateur commun l’interdiction formelle d’une pratique où la mère et son petit sont pris ou mis à mort dans une proximité immédiate, et imposent une séparation entre eux.
Dans les deux cas, le but est de s’éloigner de la cruauté et de faire preuve de compassion envers le lien naturel et affectif qui unit la mère à sa portée. Maïmonide (Rambam) explique (Guide des Égarés III, 48) que dans ces deux mitsvoth, la Torah se soucie de la souffrance morale de la mère. Selon son explication, l’amour et le soin de la mère animale pour ses petits découlent d’un instinct naturel similaire à celui des êtres humains; ainsi, arracher le petit à sa mère ou les abattre ensemble cause une grande souffrance. L’homme ne peut en aucune façon rester insensible à la souffrance d’animaux sentients, doués de conscience et de sentiment.
La Torah va à l’encontre de la théorie de “l’animal-machine” qui, émergeant au XVIIᵉ siècle, nie la présence d’une âme consciente chez la bête. René Descartes, dans le Discours de la méthode (1637), distingue le corps mécanique (res extensa) de l’esprit (res cogitans). Privé de raison et de langage, l’animal n’est pour lui qu’un automate complexe, fait de rouages et de ressorts, dépourvu de conscience. Nicolas Malebranche, disciple de Descartes, pousse la logique jusqu’à nier la souffrance animale: si l’animal ne pèche pas, le Seigneur ne saurait le faire souffrir injustement. Le cri de la bête est alors comparé au grincement d’une horloge détraquée. Quant à Julien Offray de La Mettrie, dans L’Homme-Machine (1747), il pousse le mécanisme cartésien à son terme mais en inverse le sens: si l’animal est une machine, l’être humain l’est aussi. Il supprime la dualité âme/corps et réintroduit la sensibilité chez les deux espèces. Dès le XVIᵉ siècle, Michel de Montaigne, dans ses Essais, combat l’orgueil humain et attribue intelligence, langage et sentiments aux animaux, devançant les critiques du cartésianisme. Ce dernier inspira Voltaire qui, dans son Dictionnaire philosophique, s’insurge directement contre Descartes. Il rappelle qu’un chien qui retrouve son maître ressent de la joie et que disséquer un animal vivant démontre la présence des mêmes organes de la sensibilité que chez l’homme. Jean-Jacques Rousseau (préface du Discours sur l’origine de l’inégalité), affirme que les animaux, étant doués de sensibilité, participent au droit naturel et que l’Homme a des devoirs d’humanité envers eux. Quant à Jeremy Bentham, fondateur de l’utilitarisme (Introduction to the Principles of Morals and Legislation, 1789), il déplace le débat éthique en déclarant: «La question n’est pas: peuvent-ils raisonner? ni: peuvent-ils parler? mais: peuvent-ils souffrir?»
Quant à Na’hmanide (Ramban), il répond à Maïmonide en affirmant que ces mitsvoth ne visent pas nécessairement à protéger l’animal en soi (puisque la Torah a autorisé l’abattage rituel et la consommation de viande avec de nombreuses limites rituelles), mais plutôt à éduquer l’Homme et à l’empêcher de développer des traits de caractère cruels, insensibles ou malveillants. Autrement dit, Na’hmanide développe une vision didactique de la mise à mort de l’animal pour l’amélioration de l’Homme. Verser le sang d’un animal n’est jamais anodin et cause un impact néfaste sur la conscience humaine:
«כִּי יִקָּרֵא קַן צִפּוֹר לְפָנֶיךָ, גַּם זוֹ מִצְוָה מְבֹאֶרֶת, מִן ‘אֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ’ לֹא תִשְׁחֲטוּ בְּיוֹם אֶחָד (ויקרא כב:כח), כִּי הַטַּעַם בִּשְׁנֵיהֶם לְבִלְתִּי הֱיוֹת לָנוּ לֵב אַכְזָרִי וְלֹא נְרַחֵם, אוֹ שֶׁלֹּא יַתִּיר הַכָּתוּב לַעֲשׂוֹת הַשְׁחָתָה לַעֲקֹר הַמִּין אע”פ שֶׁהִתִּיר הַשְּׁחִיטָה בַּמִּין הַהוּא, וְהִנֵּה הַהוֹרֵג הָאֵם וְהַבָּנִים בְּיוֹם אֶחָד, אוֹ לוֹקֵחַ אוֹתָם בִּהְיוֹת לָהֶם דְּרוֹר לָעוֹף, כְּאִלּוּ יַכְרִית הַמִּין הַהוּא. וְכָתַב הָרַב בְּמוֹרֶה הַנְּבֻכִים (ג מח) כִּי טַעַם שִׁלּוּחַ הַקֵּן וְטַעַם אֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ לֹא תִשְׁחֲטוּ בְּיוֹם אֶחָד כְּדֵי לְהַזְהִיר שֶׁלֹּא יִשְׁחֹט הַבֵּן בְּעֵינֵי הָאֵם, כִּי יֵשׁ לַבְּהֵמוֹת דְּאָגָה גְּדוֹלָה בָּזֶה, וְאֵין הֶפְרֵשׁ בֵּין דַּאֲגַת הָאָדָם לְדַאֲגַת הַבְּהֵמוֹת עַל בְּנֵיהֶם, כִּי אַהֲבַת הָאֵם וְחַנּוֹתָהּ לִבְנֵי בִּטְנָהּ אֵינֶנּוּ נִמְשָׁךְ אַחֲרֵי הַשֵּׂכֶל וְהַדִּבּוּר אֲבָל הוּא מִפְּעֻלַּת כֹּחַ הַמַּחְשָׁבָה הַמְּצוּיָה בַּבְּהֵמוֹת כַּאֲשֶׁר הִיא מְצוּיָה בָּאָדָם. וְאִם כֵּן אֵין עִקַּר הָאִסּוּר בְּאוֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ רַק בִּבְנוֹ וְאוֹתוֹ, אֲבָל הַכֹּל הַרְחָקָה. וְיוֹתֵר נָכוֹן בַּעֲבוּר שֶׁלֹּא נִתְאַכְזֵר.»
« Si tu rencontres en chemin un nid d’oiseau… – C’est également une mitsvah explicite, découlant de l’interdiction: ‘L’animal et son petit, vous ne les meulerez [égorgerez] pas le même jour’ (Lévitique 22:28). En effet, la raison d’être de ces deux commandements est d’empêcher que nous n’ayons un cœur cruel et sans merci, ou bien de ne pas autoriser une destruction qui déracinerait l’espèce, même s’il a été permis d’abattre un individu de cette espèce. Ainsi, celui qui tue la mère et les petits le même jour, ou qui les prend alors qu’ils ont la liberté de voler, agit comme s’il détruisait cette espèce entière. Le Rav [Maïmonide] a écrit dans le Guide des Égarés (III, 48) que la raison du renvoi du nid et celle d’interdire d’abattre l’animal et son petit le même jour visent à avertir de ne pas égorger le petit sous les yeux de sa mère, car les animaux éprouvent une grande détresse à ce sujet. Il n’y a en effet aucune différence entre la détresse de l’homme et celle des animaux pour leurs petits, car l’amour de la mère et sa compassion pour le fruit de ses entrailles ne découlent pas de la raison et de la parole, mais de l’action de la faculté imaginative [l’instinct], présente chez les animaux comme chez l’homme. Dès lors, l’interdiction essentielle dans ‘l’animal et son petit’ ne porterait pas seulement sur l’abattage du petit après la mère, mais le tout est une mesure d’éloignement. Et le plus juste est [de dire que c’est] pour que nous ne devenions pas cruels.»
Le deuxième précepte est celui de l’aide à l’animal qui succombe sous le poids de sa charge (Déchargement et chargement) :
| ד לֹא-תִרְאֶה אֶת-חֲמוֹר אָחִיךָ אוֹ שׁוֹרוֹ נֹפְלִים בַּדֶּרֶךְ וְהִתְעַלַּמְתָּ מֵהֶם הָקֵם תָּקִים עִמּוֹ. (דברים כב:ד) | 4 Tu ne dois point voir l’âne ou le bœuf de ton frère s’abattre sur la voie publique et te dérober à eux: tu es tenu de les relever avec lui. (Deutéronome 22:4) |
Si la source biblique enjoint d’apporter un secours physique immédiat à l’animal qui s’effondre sous son fardeau afin de soulager sa souffrance, elle enseigne parallèlement a fortiori le devoir de solidarité mutuelle entre les hommes.
Le troisième précepte enjoint l’interdiction de labourer avec un bœuf et un âne ensemble.
| י לֹא-תַחֲרֹשׁ בְּשׁוֹר-וּבַחֲמֹר יַחְדָּו. (דברים כב:י) | 10 Ne laboure pas avec un bœuf et un âne attelés ensemble. (Deutéronome 22:10) |
Le bœuf possède une force bien supérieure à celle de l’âne. Selon le Rashbam et Ibn Ezra, les atteler ensemble génère de la souffrance: l’âne s’épuise à essayer de maintenir la cadence du bœuf, tandis que ce dernier est gêné par l’obligation de ralentir son allure.
Appliqué aux relations humaines, ce principe d’éthique et d’équité offre une leçon d’empathie et de justice sociale. Dans les domaines de l’éducation et du travail, vouloir exiger le même rythme, la même charge de travail ou le même mode d’apprentissage de deux personnes aux capacités disproportionnées nuit aux deux parties. Le plus vulnérable s’épuise à vouloir compenser son retard, tandis que le plus rapide se voit freiné dans son élan. Puis dans les relations sociales et le monde du leadership, s’obstiner à associer des individus sans tenir compte de leurs forces respectives, de leurs limites ou de leur nature propre ne peut que générer frustration et souffrance inutile. Une direction juste cherche à adapter le rôle de chacun à ses aptitudes plutôt qu’à imposer un attelage artificiel et disproportionné.
Le quatrième précepte s’attache à interdire de museler le bœuf pendant qu’il foule le grain:
| ד לֹא-תַחְסֹם שׁוֹר בְּדִישׁוֹ. | 4 Ne muselle point le bœuf pendant qu’il foule le grain. (Deutéronome 25:4) |
La Bible, la Halakha (loi juive) et la philosophie juive reconnaissent la souffrance morale et physique de l’animal. Les Sages (notamment dans le Talmud, Baba Metsia 90a) expliquent que le fait pour un animal de travailler au milieu de la nourriture sans pouvoir y toucher constitue une véritable torture psychologique et physique (צַעַר בַּעֲלֵי חַיִּים Tsa’ar Ba’alei Hayim). Dans la mesure où l’animal travaille pour l’homme, il est donc contraire à la justice fondamentale de lui refuser la jouissance immédiate du fruit de son labeur. Cette loi ne s’applique pas uniquement au bœuf, mais à tout animal travaillant avec de la nourriture (âne, cheval, etc.). Elle interdit non seulement le muselage physique, mais aussi le fait de crier après l’animal pour l’effrayer et l’empêcher de manger pendant qu’il travaille. Dans la tradition juive, cette mitsvah sert également de paradigme juridique pour le droit du travail humain. La Torah applique ce même principe aux ouvriers agricoles (Deutéronome 23:25-26). Un ouvrier travaillant dans une vigne ou un champ a le droit légal de manger des produits du champ pendant son travail.
| כה כִּי תָבֹא בְּכֶרֶם רֵעֶךָ וְאָכַלְתָּ עֲנָבִים כְּנַפְשְׁךָ שָׂבְעֶךָ; וְאֶל-כֶּלְיְךָ, לֹא תִתֵּן. כו כִּי תָבֹא בְּקָמַת רֵעֶךָ וְקָטַפְתָּ מְלִילֹת בְּיָדֶךָ וְחֶרְמֵשׁ לֹא תָנִיף עַל קָמַת רֵעֶךָ. (דברים כג:כה-כו) | 25 Quand tu entreras dans la vigne de ton prochain, tu pourras manger des raisins à ton appétit, jusqu’à t’en rassasier; mais tu n’en mettras point dans ton panier. 26 Quand tu entreras dans les blés de ton prochain, tu pourras, avec la main, arracher des épis; mais tu ne porteras point la faucille sur les blés de ton prochain. (Deutéronome 23:25-26) |
Ainsi, en apprenant à ne pas frustrer l’animal qui travaille pour lui, l’Homme développe une sensibilité morale qui l’empêche d’exploiter ou de léser ses semblables.
La Torah enseigne que le droit animal découle des devoirs des hommes à leur égard. L’Homme est responsable des créatures créées par l’Eternel. Tous les shabbats, à l’heure de la prière de Min’hah (prière de l’après-midi), tous les Juifs du monde entier lisent ce verset tiré des Psaumes:
| ז צִדְקָתְךָ כְּהַרְרֵי-אֵל מִשְׁפָּטֶיךָ תְּהוֹם רַבָּה אָדָם וּבְהֵמָה תוֹשִׁיעַ יְהוָה. (תהלים לו:ז) | 7 Ta justice est comme les montagnes puissantes, tes arrêts sont comme l’immense abîme: aux hommes et aux bêtes, tu es secourable, Eternel! (Psaume 36:7) |
Si la compassion divine s’étend indistinctement aux hommes et aux animaux, pourquoi l’être humain ne ferait-il pas preuve d’une même bienveillance envers l’ensemble des créatures terrestres, maritimes et célestes? Pourquoi accorder tant d’affection aux animaux de compagnie, comme les chiens et les chats, tout en permettant froidement que des vaches et des veaux destinés à la consommation soient envoyés à l’abattoir, sans le moindre remords? La vie d’une vache ou d’un veau serait-elle moins importante que celle d’un chien ou d’un chat? Qui en a décidé?[2]
Il nous faut prendre conscience, à la lumière de la source biblique, que faire preuve de compassion envers l’animal ne signifie en rien omettre l’Homme. Bien au contraire, saisir que l’animal est un être vivant doué de sensibilité et de conscience, capable de ressentir des émotions de peur, de bien-être ou de plaisir contribue à l’élévation de l’Homme et au Tikkoun HaOlam תִּקּוּן הָעוֹלָם, à la Réparation du Monde. Les figures emblématiques de la Torah sont reconnues pour la noblesse de leur esprit envers les animaux.
Rebecca:
| יט וַתְּכַל, לְהַשְׁקֹתוֹ וַתֹּאמֶר גַּם לִגְמַלֶּיךָ אֶשְׁאָב עַד אִם-כִּלּוּ לִשְׁתֹּת. (בראשית כד:יט) | 19 Après lui avoir donné à boire, elle dit: “Pour tes chameaux aussi je veux puiser de l’eau, jusqu’à ce qu’ils aient tous bu.” (Genèse 24:19) |
Jacob (Ya’aqov): Lors de ses retrouvailles avec son frère Ésaü, Ésaü lui propose de marcher ensemble à un rythme soutenu. Jacob refuse poliment, expliquant qu’il doit avancer au rythme de ses troupeaux et de ses enfants:
| יג וַיֹּאמֶר אֵלָיו אֲדֹנִי יֹדֵעַ כִּי-הַיְלָדִים רַכִּים וְהַצֹּאן וְהַבָּקָר עָלוֹת עָלָי וּדְפָקוּם יוֹם אֶחָד וָמֵתוּ כָּל-הַצֹּאן. יד יַעֲבָר-נָא אֲדֹנִי, לִפְנֵי עַבְדּוֹ וַאֲנִי אֶתְנָהֲלָה לְאִטִּי לְרֶגֶל הַמְּלָאכָה אֲשֶׁר-לְפָנַי וּלְרֶגֶל הַיְלָדִים עַד אֲשֶׁר-אָבֹא אֶל-אֲדֹנִי שֵׂעִירָה. (בראשית לג:יג-יד) | 13 Il lui répondit: “Mon seigneur sait que ces enfants sont délicats, que ce menu et ce gros bétail qui allaitent exigent mes soins; si on les surmène un seul jour, tout le jeune bétail périra. 14 Que mon seigneur veuille passer devant son serviteur; moi, je cheminerai à ma commodité, selon le pas de la suite qui m’accompagne et selon le pas des enfants, jusqu’à ce que je rejoigne mon seigneur à Séïr.” (Genèse 33:13-14) |
Moïse:
Selon le Midrash (Exode Rabba 2:2), alors que Moïse gardait le troupeau de son beau-père Jéthro dans le désert, un jeune chevreau s’enfuit. Moïse le suivit jusqu’à ce qu’il trouve une source d’eau où l’animal s’arrêta pour boire. Comprenant que le chevreau s’était enfui par soif et fatigue, Moïse le prit tendrement sur ses épaules pour le ramener. L’Eternel déclara alors: «Parce que tu as fait preuve de tant de compassion envers le troupeau d’un homme, tu garderas Mon troupeau, Israël.»
| י יוֹדֵעַ צַדִּיק נֶפֶשׁ בְּהֶמְתּוֹ וְרַחֲמֵי רְשָׁעִים אַכְזָרִי. (משלי יב:י) | 10 Le juste connaît [a le souci du bien-être de] l’âme [de la vie/ des besoins] de ses bêtes; mais les entrailles des méchants sont cruelles (Proverbes 12:10) |
[1] Parashat Ki Tetsé: Deutéronome 21:10-25:19.
[2] Cf. Mon dialogue avec le vétérinaire et Grand-Rabbin de la Moselle Bruno Fiszon.
Shabbat Shalom !
Haim Ouizemann




